Direction Régionale des Affaires Culturelles de Champagne-Ardenne
dossier ponctuel (recensement des objets de la cathédrale de Reims) ; recensement immeubles MH

Champagne-Ardenne, Marne

Reims, Cardinal de Luçon (place du) ; Robert de Coucy (rue)

Cathédrale Notre-Dame

Type de dossier : individuel Date de l'enquête : 2011

Références documentaires

Référence de la même oeuvre dans le domaine MH : PA00078776

Désignation

Dénomination : cathédrale
Vocable : Notre-Dame

Compléments de localisation

Référence(s) cadastrale(s) : 000 CX 345
Numéro INSEE de la commune : 51454
Aire : Reims
Canton : Reims 6
Milieu d'implantation : en ville

Historique

Commentaire historique : Une cathédrale dédiée à la Vierge a été édifiée au début du 5e siècle par l'évêque Nicaise, sur l'emplacement d'anciens thermes gallo-romain.
L'édifice et son baptistère accueillent le baptême de Clovis (entre 496 et 499), consacré par l'évêque Remi ; évênement fondateur de l'onction des rois de France à Reims ; cérémonie qui prend sa forme définitive au 12e siècle. En 816, le fils de Charlemagne, Louis le Pieux choisit Reims pour y être sacré empereur. Il est le premier à être sacré à Reims. La cathédrale devient à cette période le siège d'un archevêché ; la cathédrale est modifiée : création d'une crypte sous le chevet, intégration du baptistère ; des bâtiments sont construits au nord pour le chapitre. Initiés par l'archevêque Ebbon, les travaux s'interrompent entre 835 et 845. Ils sont repris par son successeur Hincmar, et sont favorisés par le roi Charles le Chauve. La consécration solennelle du nouvel édifice a lieu le 18 octobre 862. L'église a une nef de 86 mètres et dispose d'un double transept.
Le choeur est réaménagé au début du 10e siècle sous l'épiscopat d'Hervé. La crypte, un temps abandonné, est réouverte, et consacrée à saint Remi. Dès la 2e moitié de ce siècle le choeur accueille les sépultures des archevêques.
A partir de 976 l'évêque Adalbéron agrandit la cathédrale carolingienne et l'ouvre plus largement à la lumière. Au 12e siècle l'église cathédrale est à nouveau modifiée et agrandie par l''archevêque Samson de Mauvoisin (1140-1161). Il réédifie radicalement la façade et le choeur, dans le nouveau style gothique ; la nef et le transept carolongien sont conservés. Le nouveau choeur possède un déambulatoire. La cathédrale mesure alors 110 mètres de long, son plan préfigure celui de l'édifice du 13e siècle.
La totalité de la charpente brûle en 1210. La première pierre du nouvel édifice, recontruit de fond en comble, est posée le 6 mai 1211. Les parties basses du choeur sont achevées en 1220 (consécration de chapelles rayonnantes), les portail au nord du transept vers 1225. Bien que les travaux aient été interrompus entre 1233 et 1235 par la révolte des bourgeois de Reims, en 1241 les parties orientales de l'édifice sont assez avancées pour être consacrées officiellement. A cette date la nef devait également être bien avancées jusqu'aux travées 4 et 5 (prtant de l'ouest), ceci notamment pour permetre d'abriter le choeur des chanoines et leurs stalles qui avançaient jusqu'au milieu de la 7e travée (jubé). Si le chapitre envisageait bien la construction de la nouvelle façade depuis les années 1230 comme l'atteste à cette époque l'achat de terrains à cet emplacement, elle ne commença à sortir de terre que dans les années 1250. L'étage de la rose dut être édifié vers 1275-1280. L'essentiel de la façade occidentale, hors les tours, devait être terminé en 1299, date à laquelle le chantier se déporte contre le flanc sud et qui doit correspondre au début de l'édification de la galerie des rois de la tour ocidentale sud.
Les noms des architectes de la cathédrales nous sont connus grâce à l'inscription portée sur le labyrinthe - disparu - qui ornait les 3e et 4e travées de nef. Il s'agissait de Jean d'Orbais, de Jean le Loup, de Gaucher de Reims, et de Bernard de Soissons.
Les deux tours ne seront terminées qu'au cours du 15e siècle, et complètement achevées seulement en 1516 après la réparation des méfaits liés à un nouveal incendie qui ravagea la charpente en 1481. Les flèches, prévues initialement, aux tours du transept et en façade, n'ont jamais été édifiées.
La première restauration connue du monument date de 1610-1611. Les interventions seront de plus en plus nombreuses avec le temps : sporadiques au 18e siècle (1727-1740, 1755-1760), elles deviendront plus fréquente au 19e siècle (1809-1811, années 1840, ...) pour devenir quasi-ininterrompues à partir du milieu du 19e siècle et jusqu'à nos jours (une seule année sans échafaudages au cours du 20e siècle).
Datation(s) principale(s) : 13e siècle
Datation(s) secondaire(s) : 1er quart 14e siècle ; 2e moitié 15e siècle
Date(s) : 1211
Justification de la datation : daté par travaux historiques

Description

Commentaire descriptif : La cathédrale de Reims est contiguë au palais archiépiscopal au sud (palais du Tau) et était accolé aux bâtiments du cloître au nord du chevet (détruits), et proche de l'hôtel-dieu (actuel palais du justice), tenu par le chapitre cathédral, au nord du parvis.
Edifice en forme de croix latine aux bras peu saillant. La saillie du transept est plus marquée à l'intérieur.
Nef à 2 bas-côtés assez étroits ; 4 bas-côtés dans le transept, les plus extérieurs au nord et au sud menant chacun à une chapelle orientée largement ouverte sur le déambulatoire. Choeur à 5 chapelles rayonnantes dont seule celle d'axe, plus profonde, est précédée d'une travée droite.
L'édifice a 9 travées de nef (les deux premières sous tours sont plus largment dimensionnées), 3 travées de longueur pour le transept (large travée médiane de croisée), et termine par une abside au rond-point à 6 colonnes cylindriques précédé d'une travée droite.
L'édifice est construit exclusivement en pierre de taille de type pierre de Courville (carrières du lutécien moyen et supérieur situées pour la plupart à 12-25 km à l'ouest de Reims) ; avec blocage de petites pierres et mortier en partie centrale des murs les plus épais. Large utilisation des chaînages en fer, notamment pour les parties occidentales, plus récentes (2e moitié 13e siècle).
Son architecture est très épurée, "classique", l'élévation partout est à 3 étages, avec triforium non ajouré (sauf en façade ouest) pris entre les grandes arcades et les baies hautes très étirées. Les piliers sont cantonnés de 4 colonnes. A partir du milieu du 13e siècle et le chantier de la façade occidentale, le parti change de dimension (surélévation générale) et de style (portails en gothique rayonnant).
La renommée de la cathédrale de Reims tient à ses dimensions (150 mètres de longueur, plus de 38 mètres sous voûtes, tours occidentales de 81 mètres de hauteur), à la grande homogénéité de son aspect intérieur (respect dans ses grandes lignes du parti initial), à la hardiesse de son "frontispice" (les portails occidentaux sont peut-être les portails gothiques les plus largement dimensionnés jamais construits), et par l'omniprésence (plus de 2300 statues et reliefs) et la qualité extraordinaire de son décor sculpté.
Le décor vitré des baies basses a disparu au 18e siècle, et celui des parties hautes occidentales a beaucoup souffert pendant la Première Guerre mondiale (verrières ouest). Restent les baies hautes du choeur (vers 1240-1250), les roses du bras nord et de façade occidentale (vers 1240 et vers 1280), et les grands personnages des baies hautes orientales de la nef (2e moitié 13e siècle). Les vides notament des parties basses ont été partiellement comblés pendant l'époque contemporaine, dès la seconde moitié du 19e siècle (verrières de chapelles rayonnantes), mais principalemenet après la Seconde Guerre mondiale (vitrail du champagne au bras sud du transept en 1954, petites roses occidentales en 1959, verrière Eau Vive au bras sud en 1961, verrières de Marc Chagall dans la chapelle d'axe en 1978 ; et vitraux de Knoebel inaugurés en 2011 dans deux chapelles du choeur).
Matériau(x) de gros-oeuvre et mise en oeuvre : calcaire ; pierre de taille ; béton armé
Matériau(x) de couverture : plomb en couverture
Parti de plan : plan en croix latine
Vaisseau(x) et étage(s) : 3 vaisseaux ; 3 étages carrés
Type et nature du couvrement : voûte d'ogives
Parti d'élévation extérieure : élévation à travées
Type de la couverture : toit à longs pans
Emplacement, forme et structure de l'escalier : escalier dans-oeuvre : escalier en vis
Technique du décor : sculpture ; vitrail
Dimensions : 15000 h ; 7100 la
Etat de conservation : bon état ; inégal suivant les parties

Intérêt de l'oeuvre

Intérêt de l'oeuvre : à signaler
Observations : Liste du patrimoine mondial.
Oeuvre recensée

Situation juridique

Statut de la propriété : propriété de l'Etat
Date(s) et nature de la protection MH : 1862 : classé MH
Précisions sur la protection : La cathédrale : classement par liste de 1862
Cathédrale : 18 04 1914 (J.O.).

Détail du remplage du tympan ajouré (rose) du portail central occidental


Illustrations

Doc. 1
Le quartier cathédral au 17e siècle (détail plan Collin-Cellier, BM Reims)
Doc. 2
Le quartier cathédral au 18e siècle (détail du plan Legendre, BM Reims)
Doc. 3
Plan ; lithograpie, 19e siècle (BM Reims)
Doc. 4
Plan montrant les dispositions intérieures avant les aménagement du 18e siècle (BM Reims)
Doc. 5
Coupe sur l'abside, gravure, fin 19e siècle (BM Reims)
Doc. 6
Vue cavalière, côté nord, 1713 (BM Reims, dessiné par L. Gentillastre)
Doc. 7
Elévation générale nord avec flèches restituées, 1857 (BM Reims, dessiné par E. de Perthes)
Doc. 8
Le somptueux frontispice, gravure de Nicolas de Son, 1625 (BM Reims)
Doc. 9
Les trois portails occidentaux, dessin, 19e siècle (BM Reims)
Doc. 10
Façade du bras nord du transept, gravure, 19e siècle (BM Reims)
Doc. 11
Le chevet vu du nord, gravure, 1767 (BM Reims)
Doc. 12
La chevet et la rue du Cloître, vus du sud, gravure, 19e siècle (BM Reims)
Doc. 13
Arcs-boutants de l'abside, partie sud, gravure, 19e siècle (BM Reims)
Doc. 14
Intérieur : la croisée du transept et a nef, chromolithographie, 19e siècle (BM Reims)
Fig. 15
Façade occidentale
Fig. 16
Portails occidentaux
Fig. 17
Portails occidentaux (vue rapprochée)
Fig. 18
Portails occidentaux vus de du nord-ouest (de trois-quarts)
Fig. 19
Portail central occidental
Fig. 20
Voussures et tympan ajouré (rose) du portail central occidental
Fig. 21
Détail du remplage du tympan ajouré (rose) du portail central occidental
Fig. 22
Niveau des vousures et tympans (roses) des portails central et sud de façade ouest
Fig. 23
Gâble du portail central occidental : Couronnement de la Vierge
Fig. 24
Ebrasements du portail sud de façade occidentale
Fig. 25
Reliefs de l'angle nord-ouest de la façade occidentale
Fig. 26
Ebrasements nord des portails central et nord de façade occidentale, vus du sud-ouest
Fig. 27
Ebrasement nord du portail nord de façade occidentale (vue partielle)
Fig. 28
Détail de deux statues de l'ébrasement nord du portail nord de façade occidentale : ange dit ange au sourire et saint Denis ou Nicaise
Fig. 29
Grande rose occidentale
Fig. 30
Etage de la rose occidentale : baies ajourées sous tour sud
Fig. 31
Etage de la rose occidentale : remplage de l'angle sud-ouest et tabernacles (vue en contre-plongée)
Fig. 32
Tour occidentale sud
Fig. 33
Flanc nord de la nef, vers le transept
Fig. 34
Contreforts de la nef : tabernacles aux anges aux ailes déployées (côté sud)
Fig. 35
Elévation de la nef (côté sud)
Fig. 36
Fenêtres basses de la nef (côté sud)
Fig. 37
Fenêtres hautes et galerie haute de la nef (côté sud)
Fig. 38
Angle sud-ouest du transept, étage de la rose et des tabernacles
Fig. 39
Façade du bras sud du transept, partie centrale
Fig. 40
Rose et partie haute de la façade du bras sud du transept (partie centrale)
Fig. 41
Façade du bras nord du transept (vue de la place du Chapitre)
Fig. 42
Parties hautes de la façade du bras nord du transept (partie centrale, vue en contre-plongée)
Fig. 43
Détail du portail central (saint Calixte) de la façade du bras nord du transept
Fig. 44
Portail est (du Jugement) de la façade du bras nord du transept
Fig. 45
Le chevet, avec la chapelle archiépiscopale et le palais du Tau (ancien archevêché)
Fig. 46
Le chevet, vu du nord-est
Fig. 47
Arcs-boutants du chevet et fenêtres hautes
Fig. 48
Arcs-boutants du chevet, vers l'angle du bras sud du transept
Fig. 49
Parties hautes du chevet (abside)
Fig. 50
Revers des tours de façade occidentale par dessus les toits
Fig. 51
Revers de la tour nord occidentale et parties hautes de la façade du bras sud du transept par dessus les toits
Fig. 52
Imbrication des toits de la chapelle archiépiscopale, du bras sud et de la croisée du transept
Fig. 53
Intérieur : la nef et le revers de la façade
Fig. 54
Intérieur : revers du portail central occidental, orné de statues
Fig. 55
Intérieur : triforium ajouré au revers du porrail central occidental
Fig. 56
Intérieur : bas-côté sud et revers du portail sud
Fig. 57
Intérieur : voûtes du bas-côté sud
Fig. 58
Intérieur : Chapiteaux des piliers et retombées des voûtes dans le bas-côté sud
Fig. 59
Intérieur : déambulatoire et chapelles rayonnantes, côté sud
Fig. 60
Intérieur : élévation de l'abside, mur sud
Fig. 61
Intérieur : détail des socles et bases d'un pilier (bras nord du transept)
Fig. 62
Intérieur : grande rose ocidentale
Fig. 63
Intérieur : rose du bras nord du transept (Genèse)
Fig. 64
Intérieur : verrière contemporaine au bras sud du transept (Eau Vive, Brigitte Simon)

Voir

Reims, 1. Objets mobiliers à la cathédrale
Reims, 2. Objets mobiliers de la sacristie 1 (est)
Reims, 3. Objets mobiliers de la sacristie 2 (ouest)
Reims, 4. Objets mobiliers dans le hall d'entrée et la chapelle des sacristies
Reims, 5. Objets mobiliers conservés au palais du Tau : salles diverses, chapelle, réserves, bureaux
Reims, 6. Objets mobiliers conservés au palais du Tau : trésor, salle nord
Reims, 7. Objets mobiliers conservés au palais du Tau : trésor, salle sud
Reims, 8. Autres lieux de conservation
Reims, 9. Objets disparus (ou partiellement disparus) ou détruits
Reims, Ensemble des objets d'orfèvrerie du sacre de Charles X
Reims, Ensemble des ornements du sacre de Charles X (linge liturgique)

Chercheur(s) : Decrock Bruno. (c) Ministère de la Culture. Renseignements : DRAC/CRMH, 3 faubourg Saint-Antoine, 51037 Châlons-en-Champagne cedex. Tél. : 03 26 70 36 61.
(Document produit par RenablLyon : P. Brihaye, DRAC Bretagne / Y. Godde, Ville de Lyon)