Iconographie
le message de la statuaire

 

 

Un monument complexe

 

Il est difficile de trouver la ou les lignes directrices du message délivré par un monument aussi complexe que la cathédrale de Reims, dont la construction s'étale sur plusieurs siècles. Et ce d'autant plus qu'il est presque impossible de préciser la place respective du chapitre et de l'archevêque dans la détermination des choix iconographiques.

La situation est par ailleurs compliquée du fait des conceptions médiévales, très éloignées du rationalisme de nos esprits contemporains. La pensée médiévale est moins synthétique et plus encyclopédique. C'est la raison pour laquelle plusieurs personnages se répètent sur le monument, sans ordre ni logique apparents (saint Nicaise, Joseph, l'Eglise et la Synagogue, etc.).

 

Qui plus est, les raisonnements "à tiroirs" étaient la règle dans le domaine religieux : telle scène sculptée est citée pour évoquer autre chose que ce qu'elle montre en première lecture (vision anagogique), tel personnage de l'Ancien Testament est convoqué parce qu'annonçant un moment du Nouveau Testament (vision typologique).

 

L'idée directrice : la glorification de l'Eglise

 

Il ne faut cependant pas écarter l'utilisation du sens premier de l'iconographie (vision historique), avant tout didactique et destinée à des laïcs qui, dans leur grande majorité, ne savent pas lire.

L'idée directrice du message délivré par la cathédrale de Reims semble être la glorification de l'Eglise en général - en tant qu'institution - et de l'Eglise de Reims en particulier.


C'est pourquoi les sujets traités tendent à démontrer l'universalité de l'Eglise (présentation encyclopédique des peuples de la terre et des fleuves du Paradis en façade), de son message (arts libéraux figurés aux portails) et de son enseignement (place de choix laissée à saint Jean-Baptiste, aux premiers apôtres, avec saint Jean l'Evangéliste et saint Paul, ou aux premiers martyrs avec saint Etienne).

 

La place exceptionnelle de l'Eglise de Reims est évoquée par la référence fréquente au baptême de Clovis, ainsi que par la constante mise en avant des saints locaux, dont l'intercession est présentée comme essentielle.

 

 

 

L'Eglise de Reims et la dimension divine de la monarchie

 

Sur cette vaste fresque aux schémas directeurs somme toute assez courants (glorification de l'Eglise locale et espérance en l'immortalité) vient se greffer un thème proprement rémois : l'affirmation de la dimension divine de la monarchie par l'entremise de l'Eglise de Reims.

Ce message est rappelé par le Couronnement de la Vierge du gâble du portail central, par la présence monumentale des galeries des rois (transept et façade ouest), avec les rois musiciens couronnés des voussures du portail central (image de l'harmonie du bon gouvernement) ou encore les scènes de vie et de sacre de rois bibliques aux voussures de la grande rose.