Plan et élévation
chef d'œuvre de l'art gothique du début du XIIIe siècle

 

 

L'architecture de la cathédrale de Reims est caractéristique de l'art gothique : moment d'équilibre entre les expériences du premier art gothique (seconde moitié du XIIe siècle) et les évolutions décoratives de l'art gothique rayonnant (vers 1230-1350), puis flamboyant (vers 1350-1500).

 

Une unité classique que ses bâtisseurs ont eu à cœur de préserver, par-delà les décennies, en conservant fidèlement, à quelques détails près, le parti architectural adopté dès les années 1210-1230 et la campagne du chœur.

 

Elévation extérieure du chevet © Pascal Stritt 2007

 

 

Architecture intérieure

 

 

L'élévation intérieure rémoise se démarque par son élancement et la relative étroitesse de ses volumes (un seul bas-côté), qui créent une impression d'ensemble où les tensions verticales prédominent.

 

L'étagement à trois niveaux est typique de l'architecture du XIIIe siècle : grandes arcades du rez-de-chaussée, triforium et grandes fenêtres hautes.

 

Aux trois galeries de circulation habituelles dans pareils édifices (deux hautes : un chemin de ronde au sommet des murs gouttereaux avec une coursive à la base des fenêtres hautes ; une médiane et le triforium), s'ajoute à Reims un passage intérieur, à la base des fenêtres basses, appelé pour cette raison "passage champenois". Chacune de ces circulations permet de contourner l'édifice dans sa totalité.

 

 

 

 

Elévation intérieure du chevet

© Pascal Stritt 2007

 

 

La "fenêtre rémoise"

 

L'édifice montre d'autres particularismes architecturaux : la justesse des points d'appui des arcs-boutants, la quasi uniformité des supports internes, ainsi que le large emploi du tas-de-charge.


Mais c'est sa fenêtre, surtout, qui fait la réputation de son architecture. Ainsi, Villard de Honnecourt la relève dans son carnet vers 1220 par cette phrase : "por co lamai io miex" (parce que je l'aime bien).

 

La "fenêtre rémoise", surmontée d'une rose hexalobée, est à deux lancettes.
Elle est surtout indépendante de l'architecture qui l'entoure. A Reims, ce que l'on appelle la fenêtre-chassis devient, pour la première fois dans l'histoire de l'architecture, un élément constitutif de tout un édifice.

 

Plan E. Leblan, gravé par J. Sulpis
- Extrait de Gailhabaud : L'architecture du Ve au XVIIe siècle, 1858

© Bibliothèque municipale de Reims 8-070

 

 

La façade : un gothique rayonnant

 

Le parti architectural de la façade, conçu initialement dans la lignée des antécédents immédiats (cathédrales de Noyon, Paris ou Laon), fut radicalement modifié dans les années 1250, probablement avec l'arrivée d'une nouvelle génération de bâtisseurs. Il évolue ainsi vers un style gothique rayonnant, jamais égalé dans ces dimensions pour une façade.

Les portails intègrent une vaste composition illusionniste, où les lignes fortes de l'architecture sont camouflées par l'omniprésence de la sculpture, et où les gâbles forment un effet de paravent monumental projeté en avant de la façade.

Le parvis en 1857, cliché Bisson frères

© Bibliothèque municipale de Reims 10-221