La restauration du portail nord et de son contrefort
Octobre 2007 - Avril 2011

 

Une zone qui porte encore les stigmates de la Première Guerre mondiale

 

Portail nord. Les détérioration de l'incendie de 1914, toujours visibles © DRAC Champagne-Ardenne

 

 

 

 

 

 

La cathédrale de Reims, construite pour l'essentiel au XIIIe siècle, a été très endommagée pendant la Première Guerre mondiale.

L'incendie du 19 septembre 1914 a notamment détruit les toitures et a gravement détérioré le portail nord et son contrefort adjacent, endommageant irrémédiablement une partie des statues et du décor sculpté.

Le programme de restauration de cette partie de l'édifice, d'un montant estimé de 3 820 000 €, commencé en octobre 2007, s'est achevé en mars 2011, quelques semaines avant les cérémonies célébrant le 800e anniversaire de la date de la pose de la première pierre de la cathédrale.

Financé par la direction régionale des affaires culturelles de Champagne-Ardenne, il s'inscrit dans le cadre d'une campagne de restauration des trois portails de la façade, commencée par celle du portail central, suivie par celle du portail sud, achevée fin 2005 (coût : 6 830 000 €).

 

 

Description du portail et du contrefort : le portail de l'Ange au Sourire

Le portail nord s'organise autour de la grande porte qui est surmontée par un linteau et par un tympan ajouré et vitré. L'ouvrage comporte deux ébrasements qui sont munis de statues-colonnes surmontées de dais (parmi lesquelles l'Ange au Sourire au côté gauche).

Il est couvert par des voussures en tiers points à cinq rouleaux qui sont ornées d'une statuaire très dense, et il est surmonté par un gâble à crochets et fleuron portant un groupe de statues représentant la scène du Calvaire.

Les côtés nord et sud du contrefort possèdent chacun un tympan aveugle doté d'un riche décor en haut-relief et surmonté d'un gâble. Trois pinacles en claire-voie abritant des statues existaient entre les gâbles du contrefort et du portail (ci-dessous :1, 2 et 3).

 

 

Le programme des travaux

La restauration du portail et du contrefort nord reprend les principes qui ont jusqu'à présent guidé la restauration du portail central et du portail sud. Ainsi, le projet s'organise selon deux idées directrices :

Ange au sourire (vers 1260)

© DRAC Champagne-Ardenne

 

 

- restaurer et/ou restituer le décor sculpté du porche et du contrefort

 

- consolider et restaurer la statuaire protégée existante et restituer la statuaire fortement exposée dans l'aspect qu'elle avait avant les démolitions de la Première Guerre mondiale. Un aspect connu par une photographie du portail datée de 1887 et par les moulages et photographies de statues réalisés au XIXe siècle.

 

 

Organisation du projet

 

 

- restauration des parements, des maçonneries internes et du décor sculpté de l'ouvrage pour lui rendre son aspect d'origine (partie verte).

 

- étanchéité de l'extrados du portail et du dessus du contrefort, grâce à un revêtement en plomb et à la restauration du système de gargouilles.

 

- remplacement des statues les plus dégradées, et les plus exposées aux intempéries, par des copies en pierre reconstituée. L'étude des moulages en plâtre du XIXe siècle conservés au musée des Monuments français permettra de reconstituer certaines parties disparues (partie mauve).

 

- les autres statues (statues-colonnes, rondes bosses et hauts-reliefs) seront conservées, c'est-à-dire nettoyées, traitées et consolidées (partie beige)

 

- les statues disparues des pinacles, et les gargouilles démolies pendant la Première Guerre mondiale, seront refaites en pierre selon l'iconographie connue (partie marron).

 


Le rôle de la documentation dans la restauration

 

La collecte : chaque chantier commence de manière "invisible" bien avant le montage des échafaudages.

Les documents nécessaires à l'intervention sont rassemblés et transmis aux intervenants : photographies

anciennes reproduites en haute résolution, détails de gravures, textes d'archives, rapports des restaurations anciennes.

 

Pendant la restauration : une part importante du suivi documentaire se déroule pendant la restauration.

Les restaurateurs doivent décrire au sein de fiches-types tout élément apporté (colle, consolidant, résine, mortier, élément de fixation, etc.). Une couverture photographique des actes techniques leur est demandée. Elle est complétée par celle plus générale entreprise par le chargé de mission, et parfois par une autre plus "artistique" menée par un photographe professionnel. Le moment du chantier est une période privilégiée de communication entre corps de métiers qui permet d'affiner la compréhension à la fois du monument et celle des sources.

 

Après la restauration : le travail documentaire se poursuit de longs mois après la fin du chantier.

Il s'agit de traiter les données accumulées et d'en assurer l'édition et la reproduction pour l'archivage dans les fonds réglementaires. Les informations sont saisies au sein d'une base de données. Les attachements figurés sont numérisés, tout comme les images qui sont par ailleurs associées à des fiches descriptives (localisation précise, légende, mots-clés).

 

Base de données cathédrale : une base de données sur la cathédrale de Reims, commencée en 1991, englobe la quasi-totalité des domaines permettant d'appréhender le monument. Elle comporte aujourd'hui près de 30 000 entrées (fiches descriptives) et sera prochainement accessible en ligne depuis ce site.