La restauration du portail sud et de son contrefort
2001 - 2005

 

 

Vue générale du portail sud restauré (2005)

© DRAC Champagne-Ardenne

La restauration du portail sud et du contrefort attenant (angle sud-ouest de l'édifice) s'inscrit dans un projet global de restauration de la façade occidentale.

D'un coût de 6 219 920 €, financé par la direction régionale des affaires culturelles de Champagne-Ardenne, cette restauration s'est déroulée entre 2001 et 2005. Celle du portail nord est actuellement en cours.

 

Le portail sud, avec le contrefort attenant, est probablement l'une des zones les plus authentiques de toute la façade.
D'une part, parce que la structure, plus étroite qu'au portail central, a protégé la sculpture ; ensuite parce que cette zone n'eut pas trop à souffrir des méfaits de la Première Guerre mondiale, notamment du gigantesque incendie qui ravagea tout le côté nord de la façade en 1914.

Les travaux concernés :

- restauration des maçonneries,
- réalisation d'une couverture en plomb sur l'extrados de la voûte de l'ébrasement et dans l'intervalle entre les deux gâbles,
- restauration des voussures sculptées des ébrasements,
- restauration en place des statues-colonnes,
- réalisation de copies en pierre reconstituée de plusieurs sculptures, dont celles du gâble supérieur.

 

 

Le message iconographique de la statuaire du portail sud

 

Le programme iconographique du portail sud de la cathédrale de Reims évoque largement deux des trois thématiques que l'on retrouve sur la façade : la Foi, nécessaire à la rédemption lors du Jugement dernier, et la place prééminente de la métropole de Reims au sein de la hiérarchie ecclésiastique occidentale. La troisième thématique, à savoir le rôle dynastique du lieu, y est peu présente.

 

Cavalier de l'Apocalypse, contrefort sud (vers 1250-1260).

Détail, avant traitement.

© DRAC Champagne-Ardenne

 

Aux ébrasements, les grandes statues-colonnes illustrent principalement les "piliers" de la Foi, de l'Ancien et du Nouveau Testament.

Les voussures et les reliefs du contrefort attenant présentent des scènes de l'Apocalypse de saint Jean, prélude au Jugement dernier figurant au gâble. Elles montrent une succession de scènes souvent vives, et d'une extraordinaire variété, qui en font une des zones les plus réputées des portails rémois.

 

 

Figuration d'une des sept Eglises de l'Apocalypse, voussures (vers 1260)

© DRAC Champagne-Ardenne

Les espaces compris entre les portails et les gâbles sont occupés par des superpositions de sculptures en saillie, illustrant à la fois les limites et l'ampleur du monde connu : fleuves du paradis, peuples et animaux de la terre. Il faut y voir une exaltation de la religion, qui règne sur la totalité du monde, dans toute sa diversité.

La variété du style de ces statues témoigne de l'effervescence du chantier rémois, qui dut attirer certains parmi les plus grands sculpteurs de l'époque.

 

Apôtre de l'ébrasement nord du portail sud (vers 1260).

Détail après restauration.

© DRAC Champagne-Ardenne

 

 

 

Les précédentes restaurations du portail sud

 

Cette partie de la cathédrale avait déjà connu cinq restaurations, ce qui est relativement peu comparé par exemple aux onze interventions qu'a supportées le portail central.

En 1737-1740, la statuaire du gâble a été largement reprise. Puis en 1755-1760, dix sculptures furent remplacées.
Ces restaurations anciennes n'ont respecté ni le style, ni même souvent l'iconographie des figures du XIIIe siècle.


A la toute fin du XIXe et au début du XXe siècles, le portail sud et ses contreforts ont été l'objet d'une restauration complète de leur architecture.

 


Cavalier de l'Apocalypse, contrefort sud (vers 1250-1260).

Détail, en cours de nettoyage.

© Pascal Stritt

Les consolidations entreprises après la Première Guerre mondiale ont été limitées à quelques recollages de parties ébranlées par les bombardements et à des compléments au ciment pour colmater les éclats d'obus les plus visibles. Enfin, un nettoyage général, accompagné de consolidations légères, a été réalisé en 1968.

 

En savoir plus : télécharger la plaquette publiée par la DRAC