Les principes généraux de la restauration
conservation et respect

 


Le choix des options d'intervention est souvent difficile à faire et il se pose une multitude de questions.
Faut-il maintenir en place ? Déposer et remplacer ? Et, dans ce cas, par quoi ? un moulage ? une sculpture ?

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Quel niveau de restitution faut-il accepter ?

- copier l'état actuel ?
- revenir au premier état connu par la photographie ?
- revenir à l'état donné par le premier moulage conservé lorsqu'il en existe ?
- tenir compte des documents plus anciens, mais moins précis (gravures, dessins, tableaux...) ?

Le maintien en place est toujours privilégié a priori.
Aujourd'hui, le but de toute intervention est de prolonger l'existant à son emplacement d'origine afin de conserver un maximum d'authenticité au monument.
L'édifice et sa statuaire sont alors confiés aux bons soins des restaurateurs/consolideurs qui ont à leur disposition plusieurs techniques, produits et matériaux qu'il s'agit de choisir au mieux.

Licorne restituée sur l'arrière du gâble

Sculpteurs : Leandro Berra et Nicolas Bulloz - 2003

© Pascal Stritt

 

 

Quand déposer ?

Dans certains cas, il n'est pas possible ou souhaitable de maintenir l'élément d'origine en place.
Deux raisons peuvent susciter une dépose :

     - La raison conservatoire : l'élément est trop exposé ou trop menacé

     - La raison sanitaire : l'élément constitue une menace pour la sécurité des personnes.


A l'opposé, certaines sculptures présentant toutes les raisons d'être déposées pourront ne pas l'être : parce que cela risque de générer des travaux trop importants, ou bien faute de savoir assez précisément par quoi les remplacer.
Dans certains cas, il a également été décidé de ne pas remettre en état certaines parties, témoins du désastre de la Première Guerre mondiale, dans une volonté d'en conserver les stigmates sur le monument.

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Dépose de la statue de la Reine de Saba

Portail nord de la façade occidentale - 2007

© Pascal Stritt

Par quoi remplacer ? Moulage ou sculpture ?

 

Le moulage


Actuellement, le moulage est retenu lorsque l'élément à remplacer présente encore d'importantes parties intactes et lisibles et que la part des restitutions d'après documentation est limitée.

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L'expérience manquant encore pour assurer la longévité des matériaux composites utilisés pour les restitutions, résines ou ciment-pierre, il est généralement admis d'écarter le moulage des parties hautes ou difficilement accessibles par mesure de précaution.


Des moulages sont également réalisés en dehors de tout contexte de dépose, afin de conserver la mémoire d'un élément, soit particulièrement important et/ou peu connu, soit inaccessible (pour profiter d'un échafaudage). Une collection de plus de 1 300 moulages existe déjà.

Dans ce rôle, le moulage commence à être concurrencé par un tout nouveau procédé : la numérisation 3D informatique des volumes.
Cette technique est intéressante pour la mise en mémoire précise des formes, mais elle ne permet pas encore la reproduction automatique des volumes complexes.

Tête d'ange de la nef en cours de moulage
(empreinte silicone et chape en plâtre).

© DRAC Champagne-Ardenne, 2000

La sculpture

 

Le sculpteur conserve une place prépondérante dans le processus de restauration/restitution.
Tout d'abord parce qu'il partage, avec le mouleur, le travail de copie des statues, ensuite parce qu'il a à renouveler la sculpture ornementale abîmée (décor végétal le plus souvent).

Les sculpteurs possèdent une formation artistique. Leurs outils sont les mêmes qu'au XIIIe siècle.
Le délai moyen d'exécution d'une grande sculpture est de 6 mois, réparti à égalité entre le temps d'étude (en plâtre ou en terre) et l'exécution en pierre.

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En savoir plus : télécharger la plaquette publiée par la DRAC

Sculpteur (de la cathédrale ?)

Début XIVe siècle

© Ms du chapitre, BMR ms 40