Ange colossal d'un arc-boutant sud de la nef (vers 1280).

Restauration J.L. Bouvier, 1995.

Roi de la galerie de la tour sud de façade, début XIVe siècle.

Effets/méfaits du temps sur la statuaire rémoise.

De 1940 à nos jours
l'écho rémois à la charte de Venise

 

 

 

 

C'est à Henri Huignard (1939-1951) que revient la lourde tâche de succéder à Henri Deneux comme architecte en chef des monuments historiques et de s'accommoder des années de guerre.

Le chantier n'est pas suspendu, même si son rythme est ralenti (on restaure alors la tour sud de la façade).
Des campagnes de moulages sont engagées pour occuper les équipes. Le tout sera financé par des crédits de dommages de guerre versés par l'occupant.

 

 

De Henri Huignard au début des années 1980

 

Dès 1943, Henri Huignard décrit dans un rapport l'état alarmant de la statuaire tout en soulignant, pour la première fois et dans la droite ligne du Congrès d'Athènes de 1931, l'importance de l'action corrosive de la pollution.

 

La période d'activité de son successeur, Bernard Vitry, correspond assez précisément aux années des "Trente Glorieuses" (1951-1982) pendant lesquelles d'importants travaux sont exécutés : reprise complète de l'étage de la rose de la façade occidentale, laissée inachevée par Henri Deneux, reprise des tours et de la galerie des rois et début de la restauration générale du bras nord du transept.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le nettoyage des portails de la façade, en 1968-1969, et la restauration générale du bras nord du transept et de ses portails, entre 1973 et 1982, s'inscrivent dans la logique actuelle privilégiant les interventions "douces". La dépose, et donc le remplacement à l'identique, n'est acceptée que comme solution extrême, pour les seules sculptures menacées. Ces opérations constituent, en quelque sorte, l'écho local aux préconisations nouvelles de la Charte de Venise (1964-1965).

 

Ce changement des mentalités est rendu possible par l'évolution des goûts esthétiques d'une population acceptant beaucoup mieux l'aspect "archéologique" des monuments et de leur décor.

Il est également facilité par la possibilité nouvelle de maintenir en état des vestiges fragilisés, grâce aux progrès de la chimie et des résines consolidantes. Des techniques qui sont mises en œuvre à la cathédrale de Reims dès la fin des années 1960, tout d'abord par les tailleurs de pierre puis, dans les années 1980, par la nouvelle profession des restaurateurs-consolideurs.

 

 

1988 : le comité scientifique de la cathédrale de Reims


Depuis 1988, ils sont aidés, dans leur tâche décisionnelle par un Comité scientifique international réunissant historiens de l'art et professionnels de la restauration. Ils ont surtout œuvré ces dernières années en façade (voussures du portail central et sculptures attenantes, portail et contrefort sud) mais aussi à la nef (grands anges des contreforts) et au bras sud du transept (partie ouest).

 

Les chantiers se répartissent dorénavant en deux types :

- les restaurations générales de grands pans de l'édifice (maçonnerie notamment),
- les interventions ponctuelles de sauvetage de la sculpture par consolidation et/ou remplacement si nécessaire.

Les travaux et débats du comité scientifique, consulté pour la détermination des options de restauration à privilégier sur le monument, ont récemment montré un souci nouveau de restituer plus pleinement le sens (la signification) des parties dégradées, quand bien même les formes exactes à restituer ne pouvaient être documentées de manière suffisamment précise (une photographie, par exemple).

Ils ont parallèlement émis le vœu de restituer, notamment au majestueux frontispice de Reims, un aspect moins ruiniforme, plus digne de la grandeur voulue par ses concepteurs. Ceci tout en sachant respecter, au mieux, les témoins de son vécu, et donc, à l'occasion, d'accepter de perpétuer le souvenir de certains de ses stigmates. Un équilibre difficile à ménager...