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De l'ancien régime au XIXe siècle
les premières grandes interventions

 

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XVIIe et XVIIIe siècles :
les premières interventions

 

Si l'on met de côté la reconstruction partielle des parties hautes, consécutive à l'incendie de la charpente en 1481, qui ne s'acheva qu'en 1516, et entreprise dans le style de la fin du Moyen Âge, le temps des restaurations à proprement parler a débuté à Reims en 1610-1611 et touche essentiellement le portail central.

 

 

Comptes des recettes relatifs aux restaurations

de la charpente (1502-1505)

 

Le portail central, largement ouvert et ébrasé, est de construction osée et donc relativement fragile.
A cette époque, 19 statues des voussures du portail central ont déjà été remplacées.

La plupart des interventions échelonnées pendant le XVIIIe siècle (1727-1742, 1755-1760) concernent elles aussi essentiellement les portails de façade.

 

Les travaux sont justifiés, déjà à l'époque, par la vétusté de certaine parties et par l'action néfaste de la pluie, des infiltrations et des gelées. Nombre de sculptures seront remplacées ou réparées, aux portails central et sud, aux gâbles latéraux et à leurs jonctions (musiciens assis par exemple).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les voussures du portail central

Depuis le XIXe siècle :
une suite de campagnes de restauration ininterrompues

 

 

La cathédrale de Reims eut peu à souffrir des effets directs de la Révolution, mais plutôt du manque d'entretien qui s'ensuivit pendant près d'une génération.

 

Le second quart du XIXe siècle inaugure une suite de campagnes ininterrompues jusqu'à nos jours.

 

La première grande intervention du XIXe siècle, entre 1826 et 1837, perpétue la logique des interventions du XVIIIe siècle en remplaçant ou complétant, une nouvelle fois, des sculptures des portails de la façade occidentale (voussures, gâbles...).

 

La Crucifixion. Détail d'un cliché Bisson (1857)

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Sous l'architecte diocésain Arveuf (1837-1859), auteur d'un Projet de restauration générale et définitive, les interventions se systématisent, notamment après 1849. Il intervient surtout sur les parties hautes.

Eugène Viollet-le-Duc (1860 - 1874), l'un des pères fondateurs du service et de la doctrine des Monuments historiques, le restaurateur de Notre-Dame de Paris, se voit attribuer la cathédrale de Reims en fin de carrière. C'est à cette période (liste de 1862) que la cathédrale est classée parmi les monuments historiques.
A la suite d'Arveuf, Viollet-le-Duc intervient sur le chevet, qu'il assainit.
Il "gomme" les modifications des années 1481-1516 et opte pour une restitution tirée pour partie de son imaginaire (photos 1 et 2).

 

Son successeur, Eugène Millet (1874-1879), obtient du Parlement d'importants crédits qui lui permettent de reprendre le côté sud de la nef, dans ce même esprit restitutionniste (photo 3).

 

1 : Le chevet de la cathédrale pendant la restauration de Viollet-le-Duc

 

2 : Galerie haute de l'abside, au XIIIe siècle, à la fin du XVe siècle et suite aux restaurations de Viollet-le-Duc

 

3 : Partie sud de la galerie haute de la nef de la cathédrale, reconstruite par Millet en 1878

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À sa suite, Victor Ruprich-Robert (1879-1886) tient davantage compte des acquis de l'histoire de l'art pour les travaux du côté nord de la nef (4, 5 et 6).

Il n'obtiendra cependant jamais l'autorisation d'engager les restitutions grandioses des tours du transept qu'il espérait.


Denis Darcy (1887-1904) s'inscrit dans cette logique d'évolution vers des restaurations plus respectueuses.
Il reprend les deux pignons du transept et complète les restaurations de Viollet-le-Duc au chevet (côté sud).
Il n'est plus question à cette époque de tenter de revenir à un état initial, mais bien de respecter le monument dans sa variété, avec toute son histoire.
Il entreprend la restauration générale de la tour sud de la façade, qui sera terminée par son successeur.


C'est Paul Gout (1904-1915) qui engage la restauration des parties médianes du massif occidental, du côté nord du chevet, puis la reprise générale de la tour nord de façade, laquelle est presque achevée lorsque le premier conflit mondial éclate.

 

 

4 et 5 : Relevé architectural du pignon du bras sud du transept

et projet de reconstitution par Ruprich-Robert

 

 

6 : Bras sud du transept. Cliché Mieusement (1882)

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La prise de conscience des enjeux et des difficultés de la restauration

 

Le XIXe siècle aura permis une prise de conscience progressive à la fois des enjeux et des difficultés de la restauration.

Si le respect de l'existant a toujours été au cœur des préoccupations, les moyens de l'exprimer ont eux varié, depuis la mode pour le néo-gothique inspiré des premiers temps (Plantar), en passant par le souci appuyé de favoriser l'unité et la logique présumée du monument (Viollet-le-Duc), pour aboutir au respect formel, en théorie du moins, de l'existant (Darcy et Gout).


Le tournant du siècle marque l'introduction de techniques nouvelles comme le ciment armé, qui permet en 1901 de renforcer la grande rose disloquée par l'écartement des tours.

Les restaurateurs du XIXe siècle sont aussi les premiers à être confrontés à un des soucis majeurs actuels : la reprise des restaurations antérieures, facteur qui rend complexe toute intervention.


Plan daté des campagnes de restauration entre le XVIIe siècle et 1914