Les roses
merveilles de l'art gothique

 


A l'origine, les grandes roses complétaient, avec à propos, le riche programme vitré de la cathédrale de Reims. Des correspondances visuelles et liturgiques unissaient toutes ces œuvres.

Malgré leurs nombreuses restaurations, les deux roses conservées constituent une sorte d'apothéose en raison notamment de leur complexité formelle.



La rose du bras nord : le thème de la Création

 

 

La rose du bras nord du transept (baie 115) a pour thème la Création.

Autour de l'oculus central, abritant Dieu le Père, rayonnent vingt-quatre médaillons disposés en double corolle.
Celle de l'intérieur accueille l'histoire d'Adam et Eve, ainsi que celle d'Abel et Caïn, tandis que celle de l'extérieur montre des anges et des animaux de la Création.

Cette belle ordonnance résulte en grande partie d'une ample restauration effectuée en 1872.
Le style sec, que l'on qualifie de dur, par opposition aux rendus souples évoqués plus haut, est en phase avec l'époque de création de cette œuvre que l'on fait remonter aux années 1240.

Baie 115

Vue générale Rose du bras nord du transept (vers 1241)

© Pascal Stritt, 2007


La rose occidentale : la Dormition et l'Assomption

 

La rose occidentale (baie 141), fortement restaurée, est consacrée à la glorification de la Vierge, patronne de la cathédrale.

L'audacieux agencement de son fin réseau de pierre en fait une des plus belles réalisations gothiques. Il permet de sublimer le thème iconographique divisé en deux volets : la Dormition ou mort de Marie, et l'Assomption.
Dans l'oculus central, la Vierge assise et sur le point de rendre son dernier souffle, est assistée par les apôtres occupant les médaillons de la corolle intérieure.

 

Dans la corolle extérieure, des anges musiciens accompagnent Marie dans ses derniers instants. Les rois de l'Ancien Testament et les prophètes des têtes de lancettes rappellent que la venue du Messie était annoncée de longue date.
Le Christ qui, dans l'écoinçon supérieur, accueille l'âme de sa mère, parachève l'œuvre.

Le traitement des figures, d'un style assez maniéré, permet de situer cette rose dans la seconde moitié du XIIIe siècle.

Baie 141 Vue générale de la rose occidentale et de la galerie des rois

(fin du XIIIe-début du XIVe siècle et XIXe-XXe siècles)

© Pascal Stritt, 2007