Les vestiges des verrières basses

 

 

Les verrières des chapelles du déambulatoire et des bas-côtés de la nef ont été démantelées et presque entièrement détruites entre 1730 et 1770 pour faire place à des baies incolores, plus en phase avec les critères esthétiques de l'époque.

Certaines avaient été dépecées pour former des bordures de verrières incolores. Mais ces vestiges ont presque entièrement disparu de la cathédrale au cours du XIXe siècle et après les bombardements particulièrement violents de 1917.

Une seule baie sauvegardée


Aujourd'hui, seule la baie 39 (première fenêtre occidentale du bas-côté nord) abrite quelques figures provenant du démantèlement des verrières basses d'origine.


Leur lecture est rendue difficile par l'opacité qui gagne certains verres, mais on peut tout de même y voir une Ascension du Christ dans le médaillon central, à laquelle les personnages du lobe inférieur gauche assistent vraisemblablement, de même que les anges des compartiments supérieurs.
Ces figures, tout comme Hénoch en prière et Jacob portant son échelle qui occupent les écoinçons, sont caractérisées par des vêtements à plis souples et virevoltants.

Ce n'est pas le cas des personnages masculins encadrant le médaillon central, aux vêtements traités avec plus de raideur, à plis cassés. On peut y reconnaître, sur la gauche, un architecte tenant un compas et deux hommes conversant, sur la droite. Leurs caractères stylistiques et leur thème iconographique étrangers aux autres panneaux, laissent entendre qu'ils proviennent d'une autre verrière.

 

 

Des vestiges conservés dans les réserves du palais du Tau

 

D'autres vestiges de baies basses sont connus. Il s'agit de visages de très belle facture conservés pour partie dans les réserves du palais du Tau, ancienne résidence des archevêques, ainsi que dans la collection du maître verrier Benoît Marq, héritier des fameux Simon qui, depuis le XVIIe siècle, restaurent les vitraux de la cathédrale de Reims.


Ces têtes d'une grande expressivité sont, sur le plan stylistique, très proches des figures de la rose orientale de la cathédrale de Laon, du vitrail de Saint Eustache de la cathédrale de Chartres et de panneaux aujourd'hui conservés aux Etats-Unis (Boston) et au Louvre mais qui proviennent de la cathédrale de Soissons. Aussi les fragments rémois doivent-ils remonter aux années 1210-1220.
Au moins deux autres styles peuvent être isolés, dont un plus sec déjà mentionné, qui appartient peut-être aux années 1220-1240.